Le Rolf est un des premiers bateaux que nous croisons. Il bien plus grand que Lorin qui ne fait "que" 45 mètres. La plupart des bateaux que nous allons croiser sont soit de la taille du Rolf, soit des petites embarcations de plaisance.
Jonathan, notre capitaine, accepte de quitter l'horizon de vue quelques instants pour me gratifier d'un sourire.
Anmari, propriétaire du Lorin, veille à tout, en particulier à la bonne ambiance et à ce que nous ne manquions de rien.
Mon poste de travail en tant que matelot. Je suis affecté à la poupe, ce qui est un peu moins technique qu'à la proue, dans la mesure où j'amarre en dernier et je largue en premier. Le matelot qui assure à la proue du bateau doit en outre fournir de nombreuses informations au capitaine notamment lors du passage des écluses (distances, vitesse, angle, etc.).
C'est difficile de restituer en images l'impression de gigantisme des écluses sur le Rhin, d'autant que nous n'avons franchi ces étapes que dans les "petits" sas qui pouvaient accueillir simultanément quatre péniches comme la notre. Le dénivelé de chaque écluse avoisine les 20 mètres...
Les bollards flottants (là où l'on s'amarre durant la montée ou la descente, ce qui est indispensable pour des raisons de sécurité) émettent des bruits, des grincement, des gémissements semblables au chant des baleines. Dans l'immense caisse de résonance en béton, cela donne une impression surréaliste.
Cette corde nous a été donnée par le capitaine du Mentor, suite à la rupture d'une de nos propres cordes dans une des écluses que nous avons franchies ensemble. La solidarité sur l'eau, malgré la barrière de la langue, est encore très vivace.
Vu d'ici, une fois l'écluse franchie, le sas à l'air tout petit.
Après plus de 8 heures de navigation, et une fois bien amarrés pour la nuit, nous nous autorisons une excursion sur la terre ferme.
Nous nous sommes amarrés au quai de chargement d'une gravière. Notre capitaine en profite pour se dégourdir les jambes, ce qui n'est pas sans inquiéter Anmari qui compte sur lui pour la seconde journée de convoyage vers Bâle...
Avec le chant des innombrables oiseaux et des non moins nombreuses grenouilles, la nuit s'annonce bucolique, loin de tout.
Dans le Sud de l'Alsace, à l'approche de la Suisse, le paysage industriel, parfois gigantesque, se densifie petit à petit.
En arrivant à proximité de Bâle, le capitaine a l'air un peu fatigué par ces longues heures de concentration, mais heureux d'arriver à bon port sans le moindre incident.
Après notre arrivée, l'amarrage et les branchements nécessaires de l'eau et de l'électricité, nous pouvons enfin savourer la vue magnifique sur le bassin et la ville de Bâle.